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Je me souviens d’une photo, on voit deux mains posées sur une balustrade, elles sont petites mais jolies, les ongles courts manucurés avec soin, ont une forme arrondie. Je me demande à qui sont ces mains. Puis en regardant le déroulé des photos prises cette journée, je réalise que se sont les miennes. Si je dois parler d’une occasion particulière, je serai bien embarrassée.
Elles ont beaucoup maquillé dans le salon de beauté. Il fallait tranquilliser l’inquiétude, la peur de louper le trait noir qui redessine les yeux, peindre au pinceau les lèvres pour les rendre plus désirables sans jamais tomber dans la vulgarité. Au fils des ans elles ont beaucoup épluché, tranché pressé, ail oignons échalotes, sans oublier les légumes et les fruits. J’aime lorsque les doigts prennent une pincée de sel et la dépose en pluie fine sur les aliments qui cuisent. Il y a tellement d’autres situations. Comment ne pas parler du piano. Quand je pose les mains sur le clavier, je suis parfois étonnée par leur vivacité et de voir comment elles ont mémorisé les passages les plus difficiles, comme une course sur les touches blanches et noires. Il en aura fallut des répétitions encore, encore et encore avant d’espérer entendre la mélodie écrite par le compositeur. Il y a aussi les mains qui soignent. Celles qui nettoient une blessure, posent un pansement, pas celles d’une infirmière, non, celles d’une maman. Celles qui consolent par une caresse.
Mes mains ont vieilli, elles peuvent, toujours aujourd’hui, remplir sans difficultés la plupart de ces petites missions.
Hélène L.
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