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Devant l' étagère, je fais mon choix au hasard :
un carton qui s'ouvre,
 une enveloppe qui tombe,
et le rabat qui se détache, libérant son modeste contenu de papiers et de photos couleur sépia.
Je me penche,
Je les prends,
Je les regarde et me voilà transporté en 1905, le jour du mariage de mes grands-parents.
J' y apprends que ma grand-mère avait suivi les cours d' une école de musique et d' un maître prestigieux tous les deux.
 Combien de fois ai-je fait le siège de cet établissement silencieux qui va ne rendre les armes qu' au terme d' un long délai, assassiné par l' argument choc et pervers « si je
n'avais que vous pour retrouver ma grand- mère, vous seriez responsable de mon ignorance », pervers car nous avons vécu ma famille et moi sous le même toit que ma grand' mère.
Me voilà consultant sur place, ouvrant les vieux dossiers où les « P » des carnets de présence étaient dessinés comme des clés de sol.
Désormais à chaque concert, je ne peux m' empêcher, lorsque sonnent les pizzicati, de penser à ma grand' mère et à ceux qu'elle égrenait aujourd'hui silencieux pour toujours.
Voilà longtemps qu' elle était veuve, corse d' origine elle se faisait un devoir de respecter le deuil et elle s' était interdit de rejouer de son violon.
Jeune enfant, elle  venait me distraire avec des albums de dessin magique où par un coup de crayon habile et précis, elle reconstituait le dessin enfantin qui m' enchantait.
La résurrection de ce qui à mes yeux d' enfant, était caché, me faisait revivre avec respect, les capacités d' émotion issues de son violon que l' on a retrouvé caché dans son armoire.
Réécrire des dessins imaginaires, c' était comme retrouver la sonorité et l' éclat de ses arpèges disparus qu' elle faisait naître de ses mains.

Jean de B.
 

Tag(s) : #Textes de participants, #Jean de B.
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